 |

Répondez au question-
naire
Consultez ou passer
une annonce
de la Chirurgie de la Main
|
 |
Edito1982
POURQUOI UN NOUVEAU PÉRIODIQUE
?
Cl. VERDAN
Devenue spécialité à part entière, la Chirurgie de
la Main est en perpétuel développement. D'innom-brables ouvrages
lui ont déjà été consacrés depuis plus d'un
demi-siècle. Cependant l'étude de la main, de son anatomie fonctionnelle
détaillée, de ses mal formations congénitales, de ses altérations
maladives et de ses lésions accidentelles, n'a pas fini de passionner
les chirurgiens de plus en plus nombreux, ,qui s'intéressent à cette
région anatomique si impor-tante du corps humain.
En 1946 déjà se fondait la première Société Nationale
de Chirurgie de la Main, celle des Etats-Unis d'Amérique. Son premier
président, le Docteur Sterling Bunnell de San Francisco, ainsi que ses
nombreux élèves et collaborateurs des centres spécialisés
de la Deuxième Guerre Mondiale, lui conférèrent d'emblée
un grand prestige. Au fur et à mesure que se fondaient des sociétés
nationales d'expression linguistique variées, elles éprouvaient
le besoin de disposer de périodiques médicaux ouverts à la
publication de leurs travaux. C'était là la condition permettant
une transmission des connais-
sances acquises et leur diffusion rapide, notamment après les congrès
et réunions scientifiques qui se multipliaient partout.
Les journaux chirurgicaux existants furent naturellement les premiers sollicités.
De nombreux articles furent accueillis dans les colonnes de périodiques
consacrés à la chirurgie générale, en raison de la
nécessité pour le chirurgien généraliste, d'être
mieux informé de la conduite à tenir dans les situations d'urgence
auxquelles il doit le premier faire face. Les journaux de, chirurgie orthopédique
devinrent ensuite les organes de prédilection des publications concernant
la main, car à la suite d'une définition nouvelle de la chirurgie
orthopédique (orthos = droit et pais, paidos = enfant), art de corriger
ou de prévenir les difformités du corps, elle se voulut responsable
de tout ce qui concerne l'appareil moteur, y compris les lésions traumatiques
fraîches.
Mais l'intérêt des chirurgiens plasticiens grandit à son
tour, en raison des nombreux problèmes de recouvrement rencontrés
dans la réparation des mains, notamment chez les brûlés.
D'autant plus que la chirurgie plastique, selon la définition d'Erich
Lexer, se veut aussi reconstructive (Wiederherstel lungschirurgie) et par conséquent
restaure aussi les
structures sous-jacentes. La neuro-chirurgie considéra pendant longtemps
la réparation des nerfs périphériques comme son domaine
et par conséquent s'intéressa aussi à la main, siège
de prédilection de telles lésions. Enfin les revues des accidents
du travail publièrent de nombreux articles consacrés surtout aux
séquelles des lésions traumatiques si fréquentes à la
main, et par conséquent aux modalités de compensation médico-légale
relevant des législations des pays industrialisés.
Cependant cette dispersion dans des journaux
fort disparates oblige l'intéressé à aller
chercher dans de nombreux périodiques les articles qui le concernent.
Elle n'est pas conforme à la conception moderne de la chirurgie de la
main. Il est important que cette dernière devienne, là où elle
ne l'est pas encore, une spécialité à part entière
consacrée à un tout anatomique et fonctionnel, dont les états
pathologiques chirurgicaux doivent pouvoir être réparés par
un seul et même individu. C'est une spécialité régionale
et non tissulaire. Sous cette optique, la condition même d'une transmission
et d'une diffusion rapides et efficaces des connaissances acquises est la création
de journaux spécialisés consacrés à la main.
Différentes solutions furent adoptées par les sociétés
nationales, en fonction de leur importance par rapport aux autres disciplines
chirurgicales, du nombre de leurs membres, de la vigueur de leur activité scientifique
et du niveau de leurs travaux, mais aussi et surtout
en fonction de leur langue. On se trouve là, tout au moins en Europe,
en présence d'un problème culturel fondamental, qui touche à la
politique même des nations. Car si désireux que l'on soit de participer à la
recherche scientifique et a l'effort international de perfectionnement, dans
un monde où les connaissances tendent à s'accélérer
dans tous les domaines, où donc plus que dans son propre pays ou tout
au moins dans sa langue maternelle souhaiterait-on voir leur réalisation
?
C'est ainsi que naquirent, au fur et à mesure de la création
des sociétés nationales, une succession d'organes de publication
de types variés. Les Anglais adoptèrent dès 1952 la formule
d'un simple bulletin polycopié, publiant des condensés des communications
de leurs congrès. Il se transforma en un vrai périodique « The
Hand ». Les pays de langue allemande créèrent en 1969 le
journal « Handchirurgie », organe officiel de la « Deut-schsprachige
Arbeitsgemeinschaft für Handchirurgie » comprenant la
République fédérale allemande, l'Autriche et la Suisse
alémanique.
En Italie, la « Rivista di chirurgia della mano » paraît
depuis 1963. Les Espagnols disposent aussi de la « Revista Espanola de
cirugia de la Mano » répandue par la force des choses surtout
dans leurs anciens condominions. Les Américains, qui pendant longtemps
s'étaient
adressés à différents périodiques très répandus
dans le monde, en particulier au « Journal of Bone and Joint Surgery »,
ont créé depuis 1976 un journal officiel de l'ASSH « The
Journal of Hand Surgery », dont la qualité est remarquable.
La France publia d'abord sous la direction de Marc Iselin et de son équipe
un journal polycopié fondé à la Maison de Nanterre en 1958.
A la fondation du GEM, (Groupe d'Etude de la Main devenu Société Française
de Chirurgie de la Main) un système original fut adopté, celui
des monographies à auteurs multiples, publiées par l'Expansion
Scientifique Française sous la direction de Raoul Tubiana avec le succès
que l'on sait, à la fois en français et en anglais, puis sous forme
d'ouvrages publiés simultanément par l'Expansion Scientifique Française
et Churchill-Livingstone séparés dans ces deux langues. De plus
le GEM publiait des fascicules annuels contenant les travaux de ses congrès,
puis d'importants numéros spéciaux des « Annales de Chirurgie » entièrement
consacrés à la main, à raison de deux fascicules par an.
Il s'avère aujourd'hui que cela devient insuffisant et que les délais
d'attente s'allongent de façon peu souhaitable. La France devait-elle,
en s'associant avec les pays francophones, dont une partie de la population
s'exprime dans une autre langue, l'allemand pour les Suisses, le flamand pour
les Belges
et l'anglais pour
les Canadiens, envisager une modification du système adopté jusqu'à maintenant
? Tout en poursuivant la publication régulière des monographies
aux quelles une pléïade d'auteurs d'autres expressions linguistiques
sont appelés à collaborer en raison du
caractère international du GEM, fallait-il créer un journal trimestriel
d'Expression française ?
Après consultation des Sociétés des quatre Pays intéressés,
il fut décidé de fonder les Annales de « CHIRURGIE DE LA
MAIN » sous la direction d'un Conseil Scientifique formé des membres
fondateurs du GEM et de personnalités représentantes des
autres Pays.
Cependant, considérant qu'il était important de maintenir, voire
de susciter une diffusion et une interpénétration des pays francophones
et du monde anglo-saxon, il nous a paru souhaitable de publier chaque travail
original en double version Française et Anglaise, les autres articles étant
accompagnés d'un résumé substantiel en Anglais. Les légendes
des figures seront de toute façon rédigées dans les deux
langues. L'accessibilité de la grande majorité des lecteurs potentiels
est ainsi assurée. La possibilité de résumés en
langue allemande, italienne ou espagnole, est à l'étude. Les
Articles originaux publiés bilingues occuperont l'essentiel de la revue.
S'y ajouteront des articles brefs consacrés à des problèmes
techniques (Notes techniques), des observations rares ou particulièrement
instructives et des Conférences d'Enseignement. Puis viendront des analyses
d'ouvrages, des résumés de communications, des rapports de congrès
par l'intermédiaire de membres correspondants, ainsi que des informations
administratives concernant les réunions scientifiques non seulement
d'expression française, mais intéressant aussi d'autres Sociétés
membres de la « Fédération
Internationale des Sociétés de Chirurgie de la Main ».
La large diffusion des ANNALES DE CHIRURGIE DE LA MAIN sera assurée par
un tirage de 6 000 exemplaires. Les membres des Sociétés Nationales
qui seront associées à la création de la revue bénéficieront
d'un tarif d'abonnement préférentiel.
Tous les abonnés aux ANNALES DE CHIRURGIE recevront le service de la revue.
Chirurgie de la main « stricto sensu », certes, mais aussi chirurgie
des grands bras de levier qui
forment le membre supérieur et qui « positionnent » la main
là où elle doit agir. En harmonieuse collaboration avec les chirurgiens
orthopédistes qui seront les bienvenus dans nos colonnes pour des travaux
concernant surtout le squelette de l'épaule, du bras et de l'avant-bras,
le chirurgien de la main doit nécessairement s'intéresser à tous
les tissus qui constituent le membre supérieur, y compris les vaisseaux
et les nerfs périphériques et donc le plexus brachial. Les recouvrements
plastiques liés à ces réparations, de même que la
microchirurgie considérée non pas comme une discipline en soi,
mais bien comme une nouvelle technique aux possibilités considérables,
mise au service de cette réparation régionale, feront partie
des sujets qui seront présentés.
Nous voudrions ouvrir nos colonnes à des chercheurs dits fondamentalistes,
en raison de l'intérêt que leurs travaux peuvent avoir pour la meilleure
compréhension de l'étiologie et de la pathogénie d'altérations
importantes pour la main (Dupuytren, troubles vasculaires, modes de réparation
des nerfs, etc.). Il en va de même pour la diffusion des progrès
que d'autres disciplines peuvent nous apporter sur le plan technique.
Mais cette entreprise est difficile en raison même du bilinguisme que nous
voulons adopter, le Français langue internationale des anciennes Cours
d'Europe, prétendant développer sa pénétration, aux
côtés de la langue anglaise, actuellement diffusée
dans les cinq continents.
L'activité de chacune des sections nationales francophones intéressées à la
création de ce journal sera animée par son propre secrétariat
de Rédaction, les membres de son Comité de Lecture et les éventuels
traducteurs. Leur responsabilité sera de participer à la constitution
des divers numéros selon la qualité des travaux originaux de chaque
Ecole. Ces travaux, qui devront être d'un haut niveau scientifique, feront
l'objet, par l'intermédiaire d'un Secrétaire Exécutif à Paris
et avant publication d'un contrôle régulier par le Comité Scientifique
multinational sous la présidence du Rédacteur en chef.
Enfin la qualité de la mise en pages, et de la présentation est
d'ores et déjà assurée à Paris. La revue sera publiée
par la Semaine des Hôpitaux et éditée par la Société d'Edition
de l'Association d'Enseignement médical des Hôpitaux de Paris comme
les Annales de Chirurgie, les Annales d'Urologie, les Annales de Chirurgie Plastique,
les Annales de Chirurgie Thoracique et Cardio-Vasculaire. L'Expansion Scientifique
Française, Editeur, est
chargée de la diffusion et de la promotion. Je souhaite que l'effort entrepris
trouve sa récompense par une diffusion toujours meilleure d'une partie
importante de la pensée et des réalisations européennes
canadiennes dans le domaine de la chirurgie de la main. Ceci en toute harmonie
avec nos amis anglo-saxons, auxquels nos colonnes seront largement ouvertes.
Le Rédacteur en Chef
Professeur Claude-E. VERDAN
|
|
  |