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Congrès Annuel Décembre 2008
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de la Chirurgie de la Main
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J. GOSSET (Paris)
INTRODUCTION
Les mémoires qui vont suivre se suffisent à eux-mêmes.
Une
introduction est peut-être superflue.
Toutefois nous voudrions souligner l'importance de quelques principes thérapeutiques
dans les mutilations de la main. La plupart des articles suivants
concernent le traitement tardif des mains mutilées. Beaucoup de difficultés
que le spécialiste rencontre auraient pu être minimisées
si le traitement
d'urgence des plaies graves de la main avait été mieux conduit
qu'il ne l'est
généralement.
Neuf fois sur "dix une plaie de la main est soignée par un chirurgien
généraliste. C'est un fait inévitable. On n'obtiendra jamais
que la majorité des
plaies graves de la main soit dirigée d'urgence vers des centres spécialisés.
Selon
nous
1) le traitement de ces grandes plaies ne pose pas de problèmes
techniques bien difficiles au-dessus des moyens des chirurgiens généralistes
;
2) les résultats que l'on peut obtenir devant
des plaies fraîches
et graves avec des moyens simples seront toujours très supérieurs à ceux
qu'un spécialiste chevronné pourra obtenir tardivement en usant
de techniques complexes et
délicates ;
3) sous l'angle humain, social, fonctionnel et
surtout psychologique, la multiplication des temps opératoires est
toujours fâcheuse chez les
blessés de la main ;
4) les plus grands facteurs d'échec que l'on rencontre
dans les opérations itératives tiennent à des cicatrices
vicieuses et à toutes
les conséquences d'une immobilisation prolongée et d'une absence
d'utilisation de la main : enraidissements articulaires, atrophie musculaire,
décalcification osseuse, sclérose
conjonctive. Plus importante que tout, et sans doute encore mal connue dans
ses méca-
nismes intimes, est la perte de la coordination volontaire des mouvements complexes,
une altération des mécanismes inconscients de la liaison
cérébro-musculaire.
Nous avons l'absolue conviction que si le traitement initial des grands traumatismes
de la main était mieux connu, mieux conçu par les chirurgiens
généralistes (et ce n'est pas là un problème technique),
les spécialistes
obtiendraient de meilleurs résultats dans des interventions secondaires
qui resteront nécessaires
mais rencontreront moins d'obstacles.
Nous sommes persuadés que le devenir d'une main profondément lésée
dépend pour une grande part du traitement initial. L'avenir se joue dans
les deux premières semaines qui suivent l'accident.
Toute politique qui consisterait à répandre chez les chirurgiens
généralistes l'idée communément admise que la chirurgie
de la main doit être
réservée à des spécialistes est néfaste. Il
nous faut, au contraire, faire savoir
qu'il y a deux sortes de chirurgie des traumatismes de la main : une chirurgie
d'urgence et une chirurgie réparatrice secondaire qui ne s'adresse qu'aux échecs,
aux
imperfections et aux impossibilités de la première. Si celle-ci
se perfectionnait, le
recours à la seconde s'amoindrirait. Elle serait plus efficace et les
malades, en définitive,
y gagneraient.
Peut-être par la faute de nombreux spécialistes, les chirurgiens
généralistes croient que la chirurgie de la main est un domaine
réservé. Devant
une plaie grave, ils se croient autorisés à faire le minimum, à éviter
l'infection. Cela les décharge de bien des responsabilités ; cela
apaise leur conscience
quand ils rechi-gnent à sacrifier une activité réglée
et des opérations
viscérales relativement rapides au profit d'opérations longues
minutieuses, relativement peu rentables...
financièrement tout au moins.
Il y a plus grave : admettant que la chirurgie d'urgence des mutilations de
la main est une chirurgie mineure et simple, trop de chirurgiens s'en libèrent
en la confiant à de jeunes élèves inexpérimentés.
Tout concourt alors à compromettre le résultat définitif,
quelle que soit la compétence des
spécialistes auxquels trop tardivement on confiera des mains irrémédiablement
compromises.
Pour conclure, nous dirons que notre premier devoir, à nous spécialistes,
est de « déspécialiser » la chirurgie d'urgence des
grands
traumatismes de la main, d'en vulgariser les principes, les règles, les
indications, les soins
post-opératoires auprès de nos collègues généralistes.
J. GOSSET
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